Connaitre notre cerveau : 9 Faits

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« L’une des idées de la philosophie grec, la plus importante peut-être, était «  connais-toi toi-même » . Je pense que si Socrate et Platon revenaient aujourd’hui : ils se précipiteraient vers les neuro-sciences et diraient connais-toi toi-même, ça veut dire : apprend à connaître ton propre cerveau. » Ceci était la conclusion de Stanislas Dehaene lors d’une conférence Ted sur le code de la conscience. Et c’est exactement ce qui va nous intéresser aujourd’hui. Nous allons étudier 9 faits (que tout le monde devrait savoir) pour mieux connaitre notre cerveau.      
 

1. Notre cerveau traite l’information principalement de manière non consciente :

Notre cerveau fonctionne principalement sur un mode non conscient
Travailler sans le savoir : c’est si bon !

 

«  Nous traitons en permanence les informations, pratiquement chacune des régions de notre cortex est en train de traiter l’information de façon non consciente, vous reconnaissez un visage de façon inconsciente même sans avoir conscience de l’avoir perçue, si un mot est présenté vous le lisez inconsciemment, vous accédez à son sens inconsciemment, si son sens est un sens émotionnel par exemple, le mot viol, vous allez activer l’amygdale cérébrale qui est une région spécialisée dans les émotions négatives et notamment la peur, vous allez activer une évaluation de son sens positif ou négatif, si c’est un nombre vous allez effectuer des calculs inconsciemment, vous allez détecter inconsciemment si ces calculs sont erronés ou pas et vous allez pouvoir activer jusqu’à votre cortex moteur sans conscience et ce ne sont que des exemples. Il y a des dizaines d’expériences aujourd’hui qui montrent que le cerveau fonctionne de façon principale sur un mode non conscient. »[1]  
 
Ceci est la raison pour laquelle certains effets d’optiques existent : le cerveau traite l’information de manière non consciente et modifie notre perception du réel afin de représenter une image qu’il juge plus cohérente. Les images subliminales ou ordres subliminaux «  fonctionnent » car ayant un effet sur le cerveau bien que perçues de manière non consciente.  
 
Le fonctionnement du cerveau varie alors selon le type de traitement de l’information. Un mot ” non conscient ” par exemple, reste «  confiné dans des circuits spécialisés » Il est traité de façon automatique. Un mot conscient quant à lui provoque la même réaction du cerveau avant de provoquer un : «  embrasement conscient ». L’information est diffusée dans de nombreuses autres zones du cerveau.      

2. Un cerveau intelligent n’est pas un cerveau qui fonctionne plus mais moins : 

 
Richard Haier est l’un des pionniers dans l’utilisation de la neuro-imagerie moderne afin d’évaluer le fonctionnement du cerveau humain. Sa première étude date de 1988, il fut alors le premier à utiliser ce type d’outil afin d’étudier l’intelligence. 
Il déclara notamment : «  On a trouvé des zones du cerveau qui s’activaient quand les gens passaient des tests d’intelligence. Mais le choc, la surprise c’était que plus ces zones étaient actives, moins le résultat du test était bon. C’était à l’opposé de ce que l’on attendait. A chaque fois qu’en science on a un résultat à l’opposé c’est vraiment intéressant. »[2]
 
C’est ce que l’on appelle la «  neuro-efficacité » : résoudre un problème avec un minimum d’effort de la part de son cerveau.
 
 

3. Notre cerveau est en lutte permanente avec lui même : 

Il y a toujours plusieurs solutions à un problème donné : notre cerveau analyse alors diverses stratégies possibles pour le résoudre. Il essaye sans cesse d’inhiber les solutions parasites qui sont mauvaises ou moins efficaces. Inhiber ces mauvaises stratégies permettrait d’accroitre notre intelligence et notre efficacité
 
On parle d’effet Stroop lorsqu’une information non pertinente perturbe l’exécution d’une tache cognitive.  C’est dans cette optique, qu’a été créé le test de Stroop. Son principe ? Il suffit de donner la couleur d’un mot affiché mais sans lire sa signification.
 
Par exemple pour le mot Bleu, la bonne réponse est Rouge. Une information parasite peut également être de surligner le mot avec une autre couleur. 
 

4. Matière blanche et matière grise : les informations à savoir  

Le cerveau est composé de deux types de tissus : la matière grise et la matière blanche ou substance blanche. Mais que sont-ils exactement ? En quoi ces deux types de tissus sont-ils spéciaux ?

La matière blanche

Située au centre du cerveau, la substance blanche est composée d’axones. Il s’agit de longs fils permettant de transmettre des informations entre différentes parties du cerveau. Ils sont entourés d’une substance blanche, la myéline. Cette dernière agit comme une gaine, une protection de l’axone mais pas seulement. Elle a un rôle fondamental concernant la transmission des informations. En effet, elle permet d’empêcher le signal électrique de se dissiper et augmente également la vitesse de transmission.      

La matière blanche est la structure du cerveau qui décroît le plus avec l’âge. Elle décroît en moyenne de 10% par décennie. Soit 45% entre 20 ans et 80 ans. La longueur totale des fibres de myéline est de 176 000km pour les hommes à l’âge de 20 ans contre 149 000km pour les femmes. A l’âge de 80 ans, elle mesure respectivement 97 200km pour les hommes et 82 000km pour les femmes.[3]

Par ailleurs, la pollution est également un facteur aggravant car perturbant la glande thyroïdienne, ou plus précisément, les hormones sécrétées par cette dernière. Les récepteurs spécifiques (situés dans le cerveau) de l’hormone thyroïdienne sont alors bloqués… La myélinisation est alors perturbée. Ceci fut le sujet d’une étude[4]  menée par Barbara Demeineix, endocrinologue qui déclare :

“On a comparé différents niveaux d’expositions (chez les femmes qui ont des enfants) et on a vu que les niveaux les plus élevés de pollution était associés à une perte de 5 à 6 points de QI chez leurs enfants.” 

L’EFSA (European Food Safety Authority) a analysé 297 pesticides, plus d’une centaine d’entre eux perturbe le fonctionnement de l’hormonne thyroidienne. 

La matière grise

Elle constitue une couche qui recouvre la matière blanche. Cette couche est alors le centre de prise de décision du cerveau.

La matière grise est le siège des neurones, ou plus exactement celui du corps cellulaire des neurones. C’est au niveau de la matière grise qu’un neurone reçoit divers signaux bio-électriques. Ces derniers sont traités, analysés puis l’information adéquate est alors transmise à une autre partie du cerveau en passant par la matière blanche et plus particulièrement par les axones.

Les neurones du cerveau sont ainsi reliés entre eux formant une sorte de maillage permettant le transfert d’informations via des signaux bio-électriques dont l’intensité est environ 100 000 fois moins forte que celle d’une prise de courant.[5]

On entend souvent l’expression : ” faites travailler votre matière grise “. Cette expression est pertinente d’un point de vue cognitif mais pouvons nous améliorer notre matière grise ?

Voici deux solutions (non exhaustives) : 
  1. La méditation : Nous avions vu dans notre article ” Le Mental : Une histoire de méditation ? “, la méditation de pleine conscience permet (notamment) d’augmenter la densité de la matière grise et réduit son atrophie du à l’âge.
  2. Le sport et plus particulièrement le cardio ! Une étude scientifique a démontré qu’une pratique sportive cardio-respiratoire augmentait le volume de la matière grise dans certaines zones spécifiques : le cortex préfrontal et l’hippocampe. Ces deux zones du cerveau sont capitales pour l’être humain (nous verrons cela juste après 🙂 ) [7]

5. Nous avons plusieurs cerveaux : 

 
(Non mesdames je ne fais pas référence ici au fait que certains hommes aient un cerveau en dessous de la ceinture ???? ) Nous avons tous 3 cerveaux : 
 
Analysons nos cerveaux par ordres d’ancienneté : 
 

Le cerveau Reptilien : 

 
Il s’agit de la partie la plus ancienne du cerveau. Nous partageons ce cerveau avec d’autres animaux à sang froid tels que les lézards. 
Ce cerveau contrôle certains réflexes essentiels pour notre survie. C’est grâce à lui que nous respirons sans efforts, que notre coeur bat inconsciemment, que notre corps se met « en mode défense » lors de situations à risque etc. Il est également responsable de la satisfaction des besoins primordiaux du corps tels que la faim et la soif. Il est la source d’émotions fondamentales telles que la colère, la peur, la joie, l’amour et la haine.
 

Le cerveau lymbique :

Nous partageons ce cerveau avec les mammifères à sang chaud. Il est chargé de réguler notre organisme. Par exemple, la régulation de la température,  la régulation de la glycémie, la régulation du rythme cardiaque ou même de nos informations sensorielles.
 

Le cortex ou néo-cortex :

 

Particulièrement développé chez l’Homme (et non sans raison), il s’agit de la partie du cerveau qui fait de nous des “Humains”. On pourrait le qualifier de centre de décision du cerveau car il s’agit du haut lieu de nos intelligences. Il contrôle (notamment) les mouvements volontaires, la prise de décision, notre attention, nos comportements sociaux, la réception des sensations, nos mémoires d’action et une partie de notre histoire personnelle.      
 
il est souvent décomposé en 5 lobes : 
  • Le lobe pré-frontal, l’un des lobes les plus importants du cerveau :
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Les 4 piliers de la santé

Situé juste en dessous de notre front, il est le siège de notre personnalité, de nos émotions, de nos décisions. Beaucoup d’aspects propres aux humains y sont traités : on pourrait citer le langage ou même le comportement social.

C’est grâce à lui que nous pouvons évaluer différentes alternatives ou solutions, réprimer certaines émotions et gérer notre humeur. Le lobe pré-frontal est en effet relié à d’autres parties du cerveau chargées de réguler la dopamine, la sérotonine et la noradrénaline (3 neurotransmetteurs influençant fortement l’humeur).

  • Le lobe occipital, situé à l’arrière du cerveau est principalement chargé de la vision.

 

  • Le lobe parietal, situé au dessus du lobe occipital est chargé de traiter les informations sensorielles. Il peut également mettre en relation ces informations avec celles traitées par le lobe occipital.

 

  • Le lobe temporal, situé en dessous du cerveau est la partie chargé de la mémoire et de l’apprentissage. Il contient notamment l’hypocampe.

 

  • Le lobe cingulaire, situé à l’arrière du cerveau, proche de la nuque, il est chargé de coordonner nos mouvements et actions. Un exemple, serait notre capacité à parler tout en marchant.

6. Nos types d’intelligences varient tout au long de notre vie  

C’est ce que l’on appelle la plasticité  cérébrale : “c’est la structure même du cerveau qui se modifie, avec la fabrication de nouvelles connexions entre les neurones.”[8] Ainsi le cerveau est un organe dynamique en tout âge, s’adaptant en permanence à son environnement. 

Un exemple frappant est celui des chauffeurs de Taxis de Londres. Ces derniers doivent passer un examen des plus rigoureux… Ils ont l’obligation de connaître par coeur, l’ensemble des routes de Londres (soit environ 25 000 rues) et déterminer l’itinéraire le plus rapide d’un point A vers un point B (sans GPS). Le taux de réussite de cet examen est généralement de 50% et nécessite plusieurs années d’entraînent et de mémorisation.

Les scientifiques se sont alors intéressés aux cerveaux de ces chauffeurs de taxis à la mémorisation et visualisation spatiale hors norme.[9] Résultat ? Leur hippocampe postérieur a significativement augmenté en volume. Cette partie du cerveau est chargé de la représentation spatiale.

 

7. Le cerveau consomme énormément d’énergie !

Alors que notre cerveau correspond à 2% de notre poids total, il correspond à environ 20% de nos dépenses énergétiques quotidiennes (Hé oui, ça fait beaucoup !)

 

8. Les neurones constituent seulement 15% du cerveau… Et les 85% restant : c’est quoi ?

Les cellules gliales composent 85% du cerveau. Elles jouent un rôle clé dans le maintien, la protection, l’approvisionnement des cellules nerveuses ou même la fabrication de la myéline.

On appelle les cellules gliales chargées (notamment) de l’approvisionnement du cerveau, de contrôler les synapses, de flux sanguin dans le cerveau : les astrocytes.

Le saviez-vous ? Le cerveau d’Einstein avait beaucoup plus d’Astrocytes que la moyenne. (Comment je le sais ? Hé bien, l’histoire est amusante…) Thomas Harvey, ayant pratiqué l’autopsie du génie, a ” volé ” et conservé pendant 27 ans le cerveau d’Einstein. Il a ensuite autorisé d’autres chercheurs à analyser le cerveau… Un constat, le nombre d’astrocytes bien supérieur à la moyenne. Les chercheurs en neuro-science ont récemment réalisé, que chaque astrocyte n’est pas seulement une cellule faisant ” les taches ménagères ” dans le cerveau mais qu’elle ” contrôle ” des centaines de neurones.

9. Avant on imaginait le fonctionnement du cerveau en terme de zone, la vérité est tout autre… 

(Je sais ce que vous pensez… ” Pierre, au point numéro 5, tu nous as parlé des différents cerveaux et des fonctions des différents lobes du cortex cérébrale ! C’est contradictoire ! “)
Et vous avez raison ! Certaines parties du cerveau sont bel et bien stimulées dans le cas de tâches spécifiques, par exemple, le lobe occipital lorsque la vision est impliquée. (Il est possible d’analyser cela via imagerie cérébrale.)
Cependant, analysons le cerveau et l’intelligence d’une personne avec un regard porté sur ses gènes. (Loin de moi l’idée de parler de déterminisme, nous avions déjà vu dans notre article sur l’épigénétique, que nos gènes nous influencent mais ne nous déterminent pas. Ils nous offrent un spectre de possibilités, notre environnement engendre alors l’expression (ou non) de ces gènes.)
Nous sommes l’expression de nos gènes. Mais cette expression provient de nous. 🙂
Robert Plomin, psychologue et généticien américain, déclarait :
” Il y a 15 ans lorsque j’ai commencé à essayer de trouver les gènes de l’intelligence, personne n’imaginait que ce serait aussi difficile. On a identifié plus de 300 gènes qui influent sur l’intelligence. Et le problème c’est que l’on en a identifié seulement 1%. […] Avant on imaginait le fonctionnement du cerveau en terme de zones. […] Beaucoup de gens aujourd’hui ont réalisé que c’était une fiction, que le cerveau agissait de manière plus globale et si on regarde ça du point de vue génétique, cela rend les choses plus claires parce que la plupart des gènes qui agissent sur le cerveau affectent beaucoup de régions différentes. ” [10]
Ainsi le bon fonctionnement du cerveau, son intelligence, sa capacité à effectuer certaines tâches spécifiques : tout cela se module au gré de notre environnement et de nos actions journalières. Notre ADN influence continuellement notre cerveau et notre organisme nous permettant ainsi de nous adapter. Cet effet est global et encore difficilement mesurable. De nombreuses avancées sont à venir et la connaissance du fonctionnement de notre cerveau croit de jour en jour.

Conclusion et plan d’action :

J’espère que cet article vous a plu, si vous pensez que l’une de vos connaissances apprécierait d’en apprendre plus sur son cerveau, partagez le 🙂
Un plan d’action simple à la suite de cet article serait de mettre en place une ou plusieurs habitudes de vie basées sur l’épigénétique favorisant le développement et la santé de notre cerveau :
  • Pratiquer la méditation (Excellent pour la matière grise)
  • Faire du cardio (Excellent pour la matière grise)
  • Exercer quotidienement son cerveau. Votre cerveau s’adapte et se développe en permanence… Quelles compétences et capacités souhaitez vous dévelloper ? Travaillez les régulièrement, votre cerveau s’adaptera.
  • Mettre en place une alimentation saine (Excellent pour répondre aux besoins de son cerveau)
 
A Bientôt
 
 
 Nos Sources : 

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