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Tsukahara Bokuden était un samouraï renommé du XVème siècle. Il était réputé pour sa maîtrise du sabre mais surtout sa sagesse et ses enseignements. Nous découvririons ensemble au cours de cet article un bref résumé de sa vie, son histoire ainsi que deux contes de Tsukahara Bokuden qui laissent penseur quant à la spiritualité du guerrier… Si vous souhaitez découvrir le mental d’un maître samouraï : c’est juste en dessous 🙂

Tsukahara Bokuden : la vie d’un samouraï à la lame spirituelle 

Résumé de la vie de Tsukahara Bokuden

Tsukahara Bokuden est le second fils d’un prêtre du temple Kashima, temple shintoïste réputé. Ce lieu est considéré depuis le XIIème siècle par les guerriers de l’est du Japon comme le domicile du Dieu de la guerre. Il apprit le maniement du sabre au sein de ses murs sacrés.

Remportant de nombreux combats, il partit à Kyoto représenter Kashima lors d’un tournoi. Il remporta la final devant le shogun, son mythe était en marche. Il choisit de rester à Kyoto afin d’étudier différentes écoles de sabres.

Remportant la totalité de ses combats à Kyoto, les contes de Tsukahara Bokuden ne s’arrêtent pas là… Quelque chose lui manquait. Il n’avait pas encore atteint le niveau ultime du sabre. Une essence fondamentale lui manquait…

Il entreprit alors le « sen nichi gyo ». Je vous vois déjà me dire : “Le quoi ???”, je me suis dis la même chose 😉

La notion de « gyo » représente l’engagement globale d’une personne, un approfondissement spirituel ou même de parvenir à un état de conscience supérieur grâce à un entraînement physique à la frontière de la vie. Le but est de parvenir à un équilibre corps et esprit malgré la dualité de ces deux derniers.

Le « sen nichi gyo » est un « gyo » de 1000 jours. Il s’agit d’un acte réservé à une élite.

Au programme : prières, méditation, réalisation de kata, isolement quasi-total (seul un prêtre lui rendait visite pour vérifier son état), périodes de jeûnes (d’une durée de 7 jours tous les 100 jours).

C’est à ce prix que Bokuden réalisa le « sen nichi gyo » de 1000 jours lui permettant d’acquérir un état de conscience supérieur (bien qu’il frôla parfois la folie).

Nombreux sont les histoires et contes sur Tsukahara Bokuden. J’ai sélectionné pour vous deux histoires pleines d’enseignement…

2 Contes de Tsukahara Bokuden

1. Le mental prime sur la technique

L’histoire est la suivante…

Un jour un célèbre maître de sabre Tsukahara Bokuden voulut mettre ses fils à l’épreuve.
Le mental prime sur la technique

Pour commencer, il fit appeler Hikoshiro, l’aîné des trois. En ouvrant la porte du coude, celui-ci la trouva plus lourde qu’à l’accoutumée et, en passant la main sur la tranche supérieure de la porte, constata qu’on avait disposé, en équilibre, un lourd appui-tête en bois. Il l’enleva, entra puis le remis exactement comme il avait trouvé.

Bokuden fit alors venir son fils cadet, Hikogoro. Quand celui-ci poussa la porte, l’appui-tête tomba mais il le rattrapa en vol et le remit à sa place.

Bokuden fit enfin appeler son benjamin Hikoroku,  le meilleur, et de loin, au maniement du sabre. Le jeune homme poussa puissamment la porte et l’appui-tête tomba, heurtant son chignon. En un éclair, il dégaina le sabre court qu’il portait à la ceinture et trancha l’objet avant qu’il ne touchât le tatami.

À ses trois fils, Bokuden déclara:

“C’est toi Hikoshiro, qui transmettra notre méthode de maniement du sabre. Toi, Hikogoro, en t’entraînant ardemment, peut-être égaleras-tu, un jour, ton frère. Quand a toi, Hikoroku, tu conduiras certainement un jour notre école à sa perte et attireras l’opprobre sur ton patronyme. Je ne peux pas donc m’offrir le luxe de garder un individu aussi imprudent dans mes rangs ».

Sur ces sévères paroles, il le désavoua. Cela illustre parfaitement l’importance accrue des facultés mentales sur les facultés techniques.

Interprétation de ce premier conte de Tsukahara Bokuden

Notons que cette histoire est réputé car elle illustre l’un des préceptes du Karaté : Le mental prime sur la technique.

Bokuden, comprenait l’importance pour un samouraï, de comprendre l’environnement qui l’entoure et d’agir avec discernement… Cette anecdote illustre non seulement son besoin de transmettre son savoir faire mais également son savoir être. Ce principe est chère à la méditation zen. Il permet un meilleur équilibre corps-esprit et une meilleure compréhension du monde extérieur.

méditation et Tsukahara Bokuden

2. L’école du combat sans arme

L’histoire est la suivante…

Tsukahara Bokuden, célèbre Maître, traversait la lac Biwa en compagnie d’autres voyageurs.

Parmi eux, se trouvait un samouraï prétentieux et vantard qui parlait de ses exploits au sabre. Tous les voyageurs l’écoutaient avec une attention admirative mêlée d’une certaine crainte.

Seul, Bokuden, assis à l’écart ne paraissait pas croire aux sornettes du samouraï.

Ce dernier, vexé, s’en aperçut et s’approcha de Bokuden et lui dit : « Toi aussi, tu portes une paire de sabres. Si tu es un samouraï, pourquoi ne dis-tu pas un mot ? »

Bokuden répondit calmement : « Je ne suis pas concerné par tes propos. Mon art est différent du tien. Il consiste, non pas à vaincre les autres, mais à ne pas être vaincu ».

Le samouraï se gratta la tête puis répliqua :

« Mais alors, quelle est ton école ? »

« C’est l’école du combat sans arme. »

« Mais dans ce cas, pourquoi portes-tu des sabres ? »

« Cela me demande de rester maître de moi pour ne pas répondre aux provocations. C’est un sacré défi. »

Le samouraï continua sur un ton exaspéré :

« Penses-tu vraiment pouvoir combattre avec moi sans sabre ? »

« Pourquoi pas ? Il est même possible que je gagne. »

Contes de Tsukahara Bokuden : le combat sans arme

Empreint de colère, le samouraï ordonna au passeur de ramer vers le rivage le plus proche. Bokuden suggéra d’aller sur une île où ils pourraient combattre tranquillement sans attirer l’attention.

Le samouraï accepta.

Quand enfin le radeau atteignit l’île, le samouraï s’empressa de sauter à terre et dégaina son sabre, signifiant qu’il était prêt à combattre.

Bokuden enleva soigneusement ses deux sabres, les tendit au passeur et soudain, il saisit la perche du batelier pour dégager rapidement le radeau afin de le pousser dans le courant. Le samouraï restait ainsi bloqué seul sur son île. Bokuden se retourna vers le samouraï et lui cria : « Tu vois, c’est cela, vaincre sans arme ! »

Interprétation de ce deuxième conte de Tsukahara Bokuden

Tsukahara Bokuden renverse le paradigme traditionnel d’un affrontement au sabre. Il le fait notamment grâce à une prise de recul sur la situation, en portant un regard différent, tout en restant en accord avec ses valeurs pacifistes et son esprit zen.

Aujourd’hui bon nombre de sportifs et d’entrepreneurs adoptent une approche similaire en pratiquant la méditation ou la visualisation. (Nous avions vu lors d’un article précédent sur l’imagerie mentale que l’une des 7 raisons de faire de l’imagerie mentale était d’améliorer sa planification et sa prise de décision.

Un exemple serait celui de Floyd Mayweather qui visualisait toujours ses combats la veille : les enchaînements de son adversaire, les scénarios possibles, chaque détail utilisable ou à prendre en compte…

Ce qu’il faut retenir

Ce qui était vrai pour un samouraï considéré comme un saint du sabre peut l’être pour vous ! (C’est vous qui décidez 🙂 ) Nous avions déjà vu ensemble les bienfaits de la méditation et de l’imagerie mentale. Améliorer sa conscience du monde extérieur, changer de perspective peut être un formidable moyen de (re)prendre le contrôle sur une situation donnée, d’améliorer ses résultats ou même d’améliorer sa forme (mentale).

Pour aller plus loin, vous pouvez recevoir gratuitement notre guide pour être en forme et recevoir des conseils exclusifs réservés à notre Newsletter 🙂

A bientôt,

Photos :